INTERVENTIONS

Piedad Córdoba: Los grandes desafíos para la paz en Colombia

Pierre-Yves Oppikofer, SolidaritéS

Mesdames, Messieurs,
Chères et chers camarades,

Je  vous adresse au nom de solidaritéS, nos salutations fraternelles et vous transmets nos souhaits pour que ces trois journées de la Rencontre ouvre la voie à un processus, espérons le inédit, qui puisse conduire à une résolution pacifique et négociée de l’interminable conflit armé qui sévit en Colombie.

En tant qu’organisation politique intervenant en Suisse dans une perspective internationaliste, notre tâche politique consiste à œuvrer ici et maintenant pour apporter notre solidarité aux peuples de Colombie, en particulier aux Colombien-ne-s qui ont été contraint de quitter leur pays pour échapper à la violence du gouvernement de ce pays, des paramilitaires et des classes dominantes. Notre tâche consiste également à intervenir auprès du gouvernement suisse pour qu’il cesse de soutenir directement ou indirectement, notamment sur le plan de la politique économique internationale de la Suisse, le régime politique oppresseur en Colombie.  De même, notre tâche est de tenter de mettre en question et si possible d’enrayer les décisions stratégiques des sociétés transnationales suisses qui réalisent une partie de leurs profits en Colombie en bénéficiant ouvertement du régime oppresseur de ce pays.

A cet égard, nous voudrions souligner 4 facteurs historiques structurels qui caractérisent la situation politique et socio-économique de la Suisse et ses relations avec un pays tel que la Colombie et qui structurent le système de domination des classes possédantes en Suisse. Ces facteurs déterminent non seulement la politique interne de la Suisse mais également ses relations avec les pays du Sud, comme la Colombie.

Ces 4 tendances lourdes sont

1)- la politique de neutralité.

Celle-ci est historiquement directement au service de l’impérialisme suisse, un impérialisme masqué et feutré, dont la très grande majorité de nos concitoyens n’en ont que très peu ou pas du tout conscience. En effet, la Suisse n’a jamais eu de colonie, n’a pas participé à des guerres coloniales. Masquée derrière la politique de neutralité (non intervention de la Suisse dans les conflits armés), les capitalistes suisses avancent masqués, quai invisibles, derrière les grandes puissances (GB, USA,FR,Al). Cela dure depuis plusieurs siècles. Cela a notamment commencé au XVII siècle avec le commerce triangulaire et l’exploitation des esclaves enlevé de force en Afrique dans des domaines agricoles et miniers en Amérique du Sud auquel ont participé des capitalistes de plusieurs cantons suisses. Aujourd’hui les multinationales suisses font partie du petit nombre des sociétés qui dominent le monde dans l’industrie, la banque, le négoce de matières premières et la gestion de fortune. Comparativement à la petitesse de sa population, la Suisse occupe une place très élevée dans les investissements directs à l’étranger (4ème rang mondial en terme de volume des investissements nets à l’étranger). 2,2 millions de travailleurs  salariés sont exploités pas des multinationales suisses à l’étranger (bien plus du double de la main d’œuvre qu’elles occupent en Suisse). Or, La politique de neutralité qui comprend celle des « Bons offices » et la « politique humanitaire » permet à l’impérialisme suisse de pas apparaître tel quel aux yeux de la population suisse ainsi que celles des pays capitalistes dépendants (cette remarque n’enlève rien au constat de  l’utilité que les Bons Offices peuvent parfois offrir). C’est dans ce contexte qu’il faut évoquer l’Accord de libre échange signé le 25 novembre 2008 entre la Suisse (et l’AELE) et la Colombie. Le rejet des demandes de ne pas ratifier cet accord sans qu’il n’y soit inscrit le respect des normes minimales du travail (Carlos Somaruga) et sans tenir compte des graves violations des doits humains en Colombie est plus que révélateur de cette tendance lourde la politique suisse : la priorité des priorité est le soutien actif aux intérêts des multinationales, lesquelles peuvent réaliser des profits en Colombie – et les rapatrier en Suisse - à l’abri d’un régime oppresseur dont le gouvernement des USA est le principal soutien politique et militaire.

2)- la politique de paix de travail :

Plusieurs facteurs historiques expliquent que la possibilité pour les syndicats d’agir de manière indépendante et autonomes en Suisse a été soumise à de très fortes restrictions sur le plan interne. La conséquence a été une faiblesse considérable du droit du travail en Suisse et une attitude souvent complaisante et peu critiques de certains dirigeants syndicaux au sujet de l’exploitation de salariés dans les pays dépendants par les multinationales suisse dont le siège et en Suisse ainsi qu’à l’égard de l’industrie suisse d’exportation dans des pays où les droits humains sont piétinés. Bien sûr il faut nuancer cette remarque et tenir compte de la diversité des courants du mouvement syndical en Suisse.

S’agissant de la Colombie, la mise en accusation de la multinationale Nestlé par le dépôt d’une plainte pénale à Zoug constitue une étape nouvelle. Pour le syndicat SINALTRAINAL, les dirigeants de Nestlé Cicolac en Colombie liés aux propriétaires fonciers de la région de Cesar et aux bandes paramilitaires sont responsables de l’assassinat  du syndicaliste Luciano Romero, et la multinationale Nestlé, comme personne morale, est accusée d’être également responsable en vertu de l'art. 102 du code pénal suisse datant de 2003. Par cette action judicaire, Il s’agit de mettre fin à une impunité qui dure depuis des décennies. Notre tâche est dès lors très claire: établir un lien direct entre le combat pour que les multinationales suisses respectent les droits humains dans les pays ou elle investissent – notamment en soutenant le pétition de Droit sans frontière – et le combat pour la protection des droits syndicaux en Suisse, totalement insuffisante, même si les conséquences de leur violation ne sont évidemment pas les mêmes ici que là-bas.

3)- la politique du secret bancaire

Destinée à protéger les riches qui fraudent le fisc, elle une caractéristique déterminante de la politique suisse. La législation suisse – et quels que soit les difficultés que les milieux de la finances rencontre aujourd'hui en raison de l’offensive politique du gouvernement américain contre le secret bancaire suisse  - favorise toutes sortes  d’évasions fiscales, de trafic douteux et de blanchiment d’argent sale. Selon les estimations les plus courantes, la place financière suisse occupe une place dominante à l’échelle mondiale dans le domaine de la gestion de fortune prive offshore (fortune gérée hors du pays d’origine), soit 30% du marché international.

S’agissant de la Colombie, la Convention entre la Confédération suisse et la République de Colombie en vue d’éviter les doubles impositions en matière d’impôts sur le revenu et sur la fortune de 2007 ne prévoit que de manière très restrictive des échanges d’information indispensable pour lutter contre la fuite de capitaux en provenance de la Colombie et l’accord prévoit expressément que la législation interne de chaque pays, donc le secret bancaire suisse, doit être respecté (l'article 47 de la Loi fédérale sur les banques et les caisses d'épargne)

4) Politique discriminatoire envers les immigrés:

La politique suisse ne consiste pas seulement à exploiter la main d’œuvre dans des pays pauvre, mais également à faire venir en Suisse de travailleurs étrangers pour les exploiter férocement en les privant de droit, en autre de droits politiques, en les maintenant dans la précarité grâce à un système complexe de permis de séjour prévu par un législation d’exception (loi sur les étrangers et loi sur l’asile). Il y a en Suisse environ 1,8 millions d’immigrés, dont la plupart sont des travailleurs salariés, et également 200'000 travailleur sans aucuns droits, parce que sans papiers, et parmi lesquels on retrouve des Équatoriens, et des Colombiens.

Pour être complet je devrai mentionner une 5ème tendance lourde, la politique de défense nationale (mais je n’ai pas le temps de l’évoquer ici)

Pour résumer, les 4 facteurs historiques structurels que je viens d’évoquer concernent aussi bien la politique suisse sur le plan interne que sur le plan externe. Ils constituent le cadre structurel dans lequel nous agissons en tant que solidaritéS. Ces 4 tendances lourdes sont soutenues et cultivées par la politique du Conseil fédéral, gouvernement de coalition soumis au bloc bourgeois et par l’action propre des grandes organisations patronales suisses.

Notre immense tâche est de

1 ) tenter avec obstination de résister à ces tendances lourdes

2) de créer les conditions politiques pour les renverser, les transformer.

C’est de cette manière, qu’en plus de nos tâches de solidarité immédiate avec les populations exploitées et opprimées de Colombie, nous pourrons espérer favoriser l’aboutissement d’un processus visant à établir une solution négociée au conflit en Colombie, lequel ne prendra tout son sens et sa solidité, que si, à son tour, il ouvre également une voie vers une société plus égalitaires et démocratique en Colombie. En somme, agir dans le sens de la recommandation que Che Guevara aurait faite à Jean Ziegler en 1969 : « Tu es né ici... alors c'est ici que tu devras combattre le monstre... ce qui est bénéfique pour vous et pour nous ".

Lausanne/21.3.2012/pyo

Ramiro Orejuela Aguilar

Abogado colombiano del Colectivo socio- juridico Orlando Fals Borda que trabaja en defensa de derechos humanos y presos politicos

Interview

CUAL ES LA SITUACION ACTUAL DE LOS PRESOS POLITICOS QUE HAY EN COLOMBIA ?

 Lo primero que queremos dar a conocer a al opinion publica mundial   que en Colombia  realmente existen miles de compatriotas que son prisioneros politicos y prisioneros de guera. En donde en las carceles colombianas ; miles de campesinos, luchadores populares, defensores de derechos humanos y obreros se encuentran presos por cuenta del regimen colombiano por el delito de pensar. Por el contrario, la constitucion garantiza el derecho de pensar que el gobierno no respecta este articulo de ley. Disfrazando la persecusion a los que piensan diferente acusandolos en la mayoria de las veces de TERRORISTAS O GUERRILLEROS.
CUENTENOS COMO ES LA PROBLEMATICA DEL ENCARCELAMIENTO DE LOS PRISIONEROS DE OPINION CON DELICUENTES COMUNES, MILITARES Y PARAMILITARES ?
Es una tactica que se viene empleando ahora es que los que son acusados de rebelion  o de pertencer a grupos que estan en oposicion al gobierno, que son rebeldes muchos pero que la gran mayoria no lo son, pero ; si son opositores al  gobierno, los mezclan con bandas paramilitares que estan tambien presas, por las negociaciones que tienen con el ejercito,  que puede generar homicidios o masacres terribles dentro de las carceles. Generando un caos terrible.
El gobierno esta empeñado en desconocer el caracter politico de estos prisioneros y los quiere convertir como si fueran terroristas y entonces les da un tratamiento de delicuentes comun y corriente y en esas condiciones se quiere desligitmar la luchar popular desconocer que la gran mayoria de los prisioneros politicos son luchadores, opositores del gobierno, que hacen protesta social,  que realizan huelgas, que paralizan calles porque es parte de la protesta, pero ; los criminaliza y los mete a la carcel, acusandolos de delitos de terrorismo.
A parte de encarcelar a muchisimos opositores politicos, tambien las bandas paramilitares al servicio del ejercito colombiano y de los organismos de seguridad del estado siguen asesinando a miles de colombianos, no solo los eliminan fisicamente ; asesinandolos o desapareciendolos mediante torturas horrorosas sino tambien encarcelandolos y muchos miles de ellos han tenido que salir al exilio como en Suiza y en muchos paises de europa huyendo por motivos politicos.

CUAL ES SU OPINION DE LA EXTRADICION DE CIUDADANOS COLOMBIANOS A LOS USA O A OTROS PAISES ?
El gobierno colombiano  ha utilizado en alianza con los Estados Unidos el tratado de extradicion en donde a los luchadores populares colombianos se los llevan a pagar muchisimos años de carcel en las carceles de los USA, juzgados por jueces norteamericanos, con fiscales norteamericanos, con pruebas norteamericanas, muchos campesinos que jamas en su vida han estado en los USA los han llevado amarrados, enjaulados como fieras a pagar condenas en carceles gringas.

ES CIERTO QUE LOS PRISIONEROS DE OPINION JAMAS VEN EL SOL EN LAS CARCELES NORTEAMERICANAS ?
Si tenemos el caso de Simon Trinidad que era un combatiente de las FARC, que es un grupo insurgente opositor al gobierno colombiano, las autoridades colombianas lo entregaron el 31 de diciembre 2004 hasta el dia de hoy no se le ha permitido ver el sol.


PUEDE UD. EXPLICARLE A LA OPINION PUBLICA AQUI EN SUIZA LA DIFERENCIACION , LAS FORMAS  DE TRATAMIENTO QUE REALIZAN LAS AUTORIDADES NORTEAMERICANAS CON LOS PRISIONEROS DE OPINION,  LOS JEFES DEL NARCOTRAFICO Y LOS PARAMILITARES QUE HAN SIDO EXTRADITADOS A LOS USA ?
Nosotros como colectivo de abogados nos oponemos a la extradiccion de cualquier colombiano, sin embargo con estos narcotraficantes han generado un especie de pacto en donde a cambio de dinero, los narcos como tienen mucho dinero a traves del negocio sucio del narcotrafico, este dinero se queda en los bancos norteamericanos, los narcotraficantes pagan  una cierta cantidad de sus millones de dolares y las penas son minimas ;  por ejemplo penas de 3 años, 2 años  de seis meses, algunos inclusive los dejan en libertad condicional, los narcotraficantes salen de prision y pasan a disfrutar de sus inmensas riquezas conseguidas fraudulentamente mediante el crimen y quedan sus delitos pagados !
Mientras que a los luchadores desde luego que no les  aceptan ninguna clase de negociacion  porque no tienen nada que negociar con los USA, los condenan a penas de 60 años, como en el caso de Simon Trinidad.

HOY DIA SE HABLA EN COLOMBIA DE UNA HUELGA A NIVEL NACIONAL DE LOS PRISIONEROS DE OPINION, UNA HUELGA DE HAMBRE ; QUE SE PUEDE HACER DESDE LA ESFERA INTERNACIONAL ?
Debido a las condiciones infrahumanas, de hacinamiento, de falta de salud, falta de educacion,  violacion del derecho a la defensa en las carceles colombianas hay aproximadamente 600 prisioneros politicos en huelga de hambre protestando para que el gobierno les mejore sus condiciones, tal como lo manda la constitucion y la ley, porque el gobierno tiene los recursos para darles mejores condiciones de vida en las carceles  colombianas y estos dineros son robados por los funcionarios del estado.
El llamado que hacemos a la comunidad nacional e internacional es que solidaricen con estos colombianos que estan privados de la libertad por razones politicas ;  enviando comunicados al gobierno colombiano, exigiendo la libertad, exigiendo mejores condiciones, exigiendo una visita internacional para que constate y verifique las condiciones en que viven estos presos y poder sacar esas denuncias, para que el gobierno respecte los derechos humanos que esta violando en contra de los prisioneros politicos.

BORIS DUARTE VOCERO DE LA MANE

Vocero de la Mesa Amplia Nacional Estudiantil

Interview

La MANE es fruto de la unidad del movimiento estudiantil colombiano. Gracias a la protesta y la propuesta se ha constituido como el referente más importante del mismo.
Programa mínimo que la MANE contempla: financiación, democracia y autonomía, bienestar, calidad académica, libertades democráticas, relación universidad-sociedad .

QUE ES LA MANE ?
ES la Mesa Amplia Nacional Estudiantil que es un escenario de confluencia de todo  el estudiantado colombiano, de las organizaciones,  de los colectivos culturales y en general  de cualquier estudiante que este decidido a luchar junto con otros  por la transformacion de la educacion en Colombia.
La MANE esta compuesta por 25 voceros.
La Mane nace en el 2005 y en el año 2010  empieza a consolidarse, año en el cual  sale a la luz publica ; convoca a las movilizaciones estudiantiles  y el paro Nacional.

COMO NACE LA MANE ?
Es el resultado de un proceso de aprendizaje como la manera de hacer politica en el movimiento estudiantil nace hace mas o menos 5 años cuando algunos arriesgamos algunas primeras  ideas alli frente  a la necesidad de explorar nuevas formas organizativas a nivel local y nacional que permitieran resolver fundamental dos cosas.
Primero ;  resolver el antogonismo y la rivalidad entre las organizaciones estudiantiles.
Segunda ; Construir un espacio amplio, mas alla de los grupos politicos organizados.

COMO FUE LA REPERCUSION A NIVEL NACIONAL EN COLOMBIA LA MOVILIZACION DE LA MANE ?
La repercusion se puede medir de varias maneras ;  yo creo que la principal es el hecho  de haber logrado  parar la reforma que el Presidente Juan Manuel Santos queria hacer a la Ley 30, que es la ley que regula el sistema general de educacion superior. Esto permitio que se abrieran las puertas para la construccion de una politica publica de educacion alternativa y obviamente de un articulado, de una ley que regule la educacion superior en Colombia.

QUE ES LA LEY 30 ?
Es una ley que se aprueba en 1992 ; despues del proceso apertura economico en el país en el gobierno de Gaviria, donde se sientan las bases del sistema financiero, del esquema de gobierno de las universidades . Sentando las bases del proceso de neoliberasacion y privatisacion  de la universidad .
La reforma que el presidente Santos queria hacer ;  es una reforma que iba en la misma via de la ley 30 que buscaba profundizar el modelo, que buscaba acelerar fundamentalmente el proceso de la privatizacion.

LAS PERSPECTIVAS DE LA MANE HOY DIA EN COLOMBIA ?
Ante el reto historico que tenemos los estudiantes en estos momentos, esta sobre todo construir hacia octubre 2012 o bien antes una propuesta de politica publica  alternativa, de ley y de educacion alternativa. Obviamente de mantener un contacto, un trabajo unido con el movimiento social colombiano ; con los obreros,  los indigenas, los campesinos con la idea de avanzar en las grandes transformaciones que requiere el pais.
Vamos a tener unas jornadas  de movilizacion mensuales ; foros en todas las universidades a partir de los cuales vamos a recoger las propuestas de nueva ley de educacion .
Ahora en abril habra una jornada de movilizacion muy importante en Catagena en el marco de la Cumbre de las Americas, que consistira con la toma de la ciudad de Cartagena, como rechazo  de la manera como Colombia y
América Latina se insertan en el mundo internacional, en rechazo obviamente al TLC y a las relaciones de dependencia y subordinacion que desde Estados Unidos se han impuesto para Colombia y América Latina.

COMO ES EL ACCESO DE LOS ESTUDIANTES A LA ÉDUCACION UNIVERSITARIA ?
 En terminos de financiacion ; el sistema en general  solamente  tiene  cobertura en terminos de las universidades publicas para el 30% de la demanda. Hay una desfinanciacion del sistema publico de 750 mil millones de pesos la mitad de los recursos de funcianamiento de las universidades publicas  son conseguidos a traves de la venta de servicios  con las multinacionales, fundamentalmente con el sector privado y esto obviamente va en detrimento de la calidad academica por un lado, colocandole una limitante a la autonomia universitaria.
Por ejemplo ; de  cada 10 estudiantes  siete no tienen garantizado  el derecho a la educacion superior en Colombia.

CUAL ES EL PORCENTAJE DE DESERCCION DE LA CLASE ESTUDIANTIL UNIVERSITARIA EN COLOMBIA ?
Aproximadamente es del 50%. Siendo la principal causa de abandono, los factores socioeconomicos ; fundamentalmente  no hay dinero para pagar la matricula y para mantenerse dentro del sistema educativo.

CUANTO CUESTA UNA MATRICULA UNIVERSITARIA EN COLOMBIA ?
Por ejemplo un pregrado puede costar entre los 4 y los 7 millones de pesos.

CUAL ES LA IDEA  DE PAIS QUE TIENE EL GOBIERNO ?
Por ejemplo hoy se invierte 18 millones para pagar un soldado y enviarlo a la guerra, hoy dia se invertien 3.5 millones para la formacion de un estudiante anualmente.

CUAL ES LA DEMANDA A LA OPINION INTERNACIONAL ?
Es importante que la Comunidad internacional este enterada de lo pasa en Colombia,  que haya un acompañamiento con la idea un poco de servir como garantes, no tanto en un proceso de negociacion  si no en el desarrollo de las movilizaciones obviamente en la manera como se están construyendo y abriendose los espacios, porque muchas veces el gobierno ha intentado dividir el espacio estudiantil,  llamar a escenarios de negociacion  paralelo, negociado a puerta cerrada y aqui lo que se trata  de construir de cara a la gente, de cara a la sociedad y esa es la apuesta del movimiento estudiantil colombiano.

UN MENSAJE A LOS ESTUDIANTES EUROPEOS ?
Bueno ; a los estudiantes y a la juventud europea  decirles que todos somos parte de un organismo vivo, que de alguna manera lo que pasa en América Latina tarde o temprano tendra consecuencias sobre lo   que pase en Europa y viceversa, por lo tanto es importante estrechar la unidad y los lazos de hermandad entre los diferentes pueblos con sus diversas moviemientos y  organizaciones.

Sabemos lo que esta pasando  con el tema de la reforma educativa con el llamado Plan Bolognia, que es basicamente la misma problematica de pronto con unos efectos no tan desvastadores en un  principio aqui en Europa porque hay unas condiciones que son diferentes terminos del  estado de bienestar pero ; que en ultimas nos llevaran a un mismo punto con una educacion  reducida, de calidad para formar una elite pequeña que conduzca los destinos de las naciones del mundo  y una formacion mediocre para insertarnos  de manera critica en el mundo laboral y obviamente en el sistema capitalista.

MABEL ANDRADE

REPRENTANTE DEL ESPACIO REGIONAL DE PAZ LOCALIZADO EN EL SUROCCIDENTE COLOMBIANO EN EL DEPARTAMENTO DEL CAUCA

Interview

QUE ES EL ESPACIO REGIONAL DE PAZ ?
El espacio Regional de paz ; es un espacio de encuentro  de reflexion , de accion colectiva de varias organisaciones sociales de base campesinas, indigenas, de mujeres de organizaciones urbanas ;  que preocupadas por todas las consecuencias que el conflicto armado ha dejado en la region, que es un conflicto con unas raices estructurales y sociales, pero que se manifiesta tambien en lo armado que ha dejado innumerables victimas e innumerables consecuencias. Entonces nosotros como organizaciones hemos decidido encontrarnos para reflexionar sobre el conflictopero mas alla de reflexionar sobre el conflicto para realizar acciones colectivas que puedean proteger y defender la vida en medio de ese conflicto que vivimos.

ESTAS ACCIONES COLECTIVAS DE QUE TIPO SON ?
Son alrededor de 3 lineas o 3 bases :
La primera tiene que ver con ambientar la paz. Porque gran parte de la sociedad en el Depto del Cauca y en el pais  considera que la paz no es posible, son muy pesimistas en relacion a la obtencion de la paz  tanto a nivel regional como nacional. Otra parte de la sociedad considera que la paz es solo un asunto de quienes estan enfrentados con las armas. Entonces desde el Espacio Regional  de paz consideramos que es necesario ambientar la paz, es decir ; generar sensibilizacion sobre la necesidad que todos y todas nos comprometamos  con generar y trabajar una propuesta de paz para el Depto del Cauca y para el pais. Que este es un compromiso no solo de quienes han optado por las ârmas sino un compromiso de la sociedad en general y al rededor de esa premisa el espacio regional viene planteando una serie de acciones que tienen  que ver  encuentros con politicos, con la iglesia, con diferentes actores sociales de la poblacion que permitan generar espacios de dialogo.
La segunda linea ; son el tema de los dialogos humanitarios. Porque consideramos que si bien la paz es necesaria esto es un proceso de largo alcanze. Entonces hoy hay una urgencia de proteger la vida y consideramos que los dialogos humanitarios son una herramienta, un mecanismo que se ha utilizado historicamente que ahora no lo apropiamos.  Que son legitimos de las comunidades que tienen presencia de actores armadas y entonces planteamos acciones de dialogos humanitarios en diferentes zonas en donde el conflicto se han intensificado y dilagos con todos los sectores.

ES QUE LAS PARTES EN CONFLICTO ;  EL GOBIERNO Y LA INSURGENCIA LOS RECONOCEN   COMO INTERLOCUTORES A USTEDES ?
Bueno ; esa es una pregunta bastante complicada. Desde el gobierno lo que se ha dicho es que quienes desarrollen acciones de dialogo o impulsen acciones de dialogo seran judicializados,digamos que no se permite ; pero, ademas que no se permite el gobierno en cabeza del presidente Santos ha dicho que el tiene la llave de la paz, entonces el gobierno es el unico responsable de negociar con los armados, es ecir que el gobierno del presidente Santos no nos considera como un actor politico como poblacion para la salida. Por el lado de la insurgencia, partimos del hecho que ellos estaban en las comunidades y en nuestros territorios afectando o no una dinamica y un tejido social  entonces hoy hemos planteado los dialogos que tienen que girar alrededor de 3 cosas ; que en esos territorios en donde ellos estan hay unas formas organizativas y unas formas de autoridad con las que ellos tienen que sentarse a dialogar.

LA INSURGENCIA RESPETA LAS FORMAS ORGANIZATIVAS Y DE AUTORIDAD ?
En algunos territorios si ! de hecho los dialogos se han desarrollado con permiso o sin permiso del gobierno  se han hecho y hoy recurrimos nuevamente a ellos.

CUAL ES LA SITUACION DE LA MUJER EN LA PARTE DEL CONFLICTO ?
Bueno, es bastante, bastante complicado….hoy  lo que hemos planteado el conflicto  esta generando muchas victimas civiles pero ademas de eso  hay territorios con presencia militar o paramilitar en donde el cuerpo de la mujeres  haya sido utilizado como botin de guerra. Las mujeres han sufrido violencias de diversos tipo, como la violencia sexual si no la expresion de la violencia hacia las mujeres en una sociedad que en general esta marcada por el machismo ejercida por los distintos actores armados en conflicto.

UN MENSAJE  A LAS MUJERES DE LA DIASPORA COLOMBIANA ?
 Primero ; hoy dia las mujeres debemos solidarizarnos las unas con las otras, aquellas que no viven el conflicto de una manera directa con aquellas que vivimos el conflicto.
Segundo ; las mujeres debemos generar propuestas colectivas,  juntarnos, actuar, ser protaganistas sociales, politicas ; aportar en la construccion y en la transformacion de un conflicto como el que vivimos

GORKA ELEJABARRIETA

IZQUIERDA ABERTZALE

No existen dos conflictos iguales, y por tanto no existe un modelo de resolución calcable o exportable tal cual a otros escenarios. Cada conflicto tienes sus peculiaridades y su proceso de resolución es único. Sin embargo existen una serie de pautas que un proceso ha de cumplir para garantizar su éxito. Un proceso se ha de realizar en condición de igualdad entre las partes, basado en el dialogo, negociación y el acuerdo.

Mi objetivo en esta exposición es daros unas cuantas claves de cómo hemos llegado hasta aquí y cuales son los retos mas importantes a futuro.

El conflicto político que vive nuestro pueblo se debe a la negación de los estados español y francés a reconocer a Euskal Herria (País Vasco) como sujeto político de pleno derecho.

Es importante comprender esto, porque todo lo demás proviene o deriva de esa primera negación.

En nuestra estrategia política de los últimos 50 años siempre hemos considerado que solo existe una manera de resolver ese conflicto político: a través del dialogo y la negociación política entre todas las partes enfrentadas en el mismo. Nunca se ha considerado viable la victoria militar, y siempre se ha pensado que teníamos fuerzas y arraigo suficientes en Euskal Herria como para evitar también la derrota militar. No pensamos por tanto que un escenario de vencedores y vencidos haya sido o sea posible. Creemos en un proceso en el que todas las partes se sientan vencedores, solo así podremos construir un escenario de paz y democracia duraderas.

Tras la transición española (oportunidad histórica perdida para resolver el conflicto vasco) se han dado tres intentos serios de resolución del conflicto político en EH:

Negociaciones de Argel: conversaciones y negociaciones entre ETA y el estado español al final de la década de los 80. Y volvemos al punto inicial de mi presentación, a la definición del conflicto. El conflicto político es entre el pueblo vasco y los estados español y francés que se niegan a reconocer sus derechos. Por tanto la resolución del conflicto corresponde al pueblo vasco o sus representantes políticos, no a ETA. Esta conclusión es fruto de la reflexión interna de la propia ETA a principios de los 90 y ha tenido una influencia capital en los posteriores esfuerzos para resolver el conflicto.

Lizarra-Garazi: Proceso que se da una década mas tarde que el anterior y que resulta en su metodología sustancialmente diferente del primero. Este es un proceso entre las fuerzas políticas nacionalistas y progresistas del país vasco. Fracasa igualmente.

Pero el paso ya esta dado. La comprensión y teorización por parte del MLNV en torno a la resolución dialogada del conflicto trae consigo una propuesta metodológica práctica de cómo afrontar el proceso de resolución del conflicto, en la que fue conocida como la propuesta de Anoeta, presentada públicamente a finales del 2004. En ella se definen de manera muy concreta el tipo de proceso de dialogo y el papel que en el corresponde a cada sujeto. Brevemente a traves de la propuesta de Anoeta desde la Izquierda Abertzale proponemos que se tiene que dar un proceso de resolución con dos espacios de dialogo y negociaciones diferentes:

  1. Entre los estados y ETA: este espacio debe tener como objetivo resolver todas las cuestiones referentes a las consecuencias del conflicto: desmilitarización del conflcito, presos, victimas etc.
  2. Otro entre los representantes políticos de todas las partes implicadas en el conflicto, para acordar un nuevo marco en el que se pueda construir un escenario plenamente democrático y pacifico. Un escenario en el que al pueblo vasco se le reconozca el derecho a decidir su futuro.

Esta metodología si bien es públicamente denostada por la mayoría de las fuerzas políticas, es privadamente aceptada y es de facto el esquema que se aplica en el anterior proceso de resolución del conflicto. Proceso que oficialmente se desarrolla durante el 2006 y 2007.

Sin entrar en los detalles o razones que llevaron al colapso de ese proceso dos apuntes. Se esta muy cerca de llegar a un acuerdo. Su conclusión abre un periodo de debate interno profundo en el liderazgo del MLNV.

Como he mencionado a la conclusión del proceso se abre un periodo de debate interno en el cual se hace balance del proceso que acaba de concluir y se intenta acordar o definir la táctica y estrategia para alcanzar nuestros objetivos.

Se ve que dentro de nuestro movimiento existen principalmente dos visiones:

Una que considera que el proceso resolutivo anterior fracasó por la falta de voluntad del estado español, y que ante esa falta de voluntad que persiste no existen condiciones objetivas para plantear con garantías de éxito la resolución del conflicto, por lo que resulta necesario ahondar en una estrategia de confrontación y defensa de lo logrado hasta ese momento.

Otra que achaca el fracaso del proceso a una multitud de factores incluyendo la falta de voluntad del gobierno español pero no solo, y que considera que existen condiciones objetivas para afrontar la fase resolutiva del conflicto, y que para ello es momento de pasar de una estrategia de defensa a otra ofensiva, en la que la acumulación de fuerzas resulte el pilar fundamental.

Aun y existiendo visiones diferentes se consigue desarrollar y concluir el debate sin que se de ninguna ruptura en el movimiento y de manera mayoritaria los activistas refrendan la segunda visión o lectura, la cual apuesta por pasar a una fase ofensiva de acumulación de fuerzas, para lo cual resulta evidente que hay que actualizar la táctica y formas de lucha, optando de manera explicita por métodos exclusivamente pacíficos. Unilateralidad.

Siendo conscientes que el gobierno español esta más cómodo gestionando las consecuencias del conflicto político que afrontando su resolución, se decide comenzar el mismo de manera unilateral, sin previo acuerdo de ninguna clase con las partes.

El proceso de debate se traslada a las bases de manera inclusiva y democrática, participan en el mas de 6600 activistas en condiciones difíciles, ya que no hay que olvidar que la Izquierda Abertzale continua siendo ilegal, y en febrero del 2010 se presentan las conclusiones de las decisiones adoptadas a través del documento Zutik Euskal Herria (En pie Euskal Herria).

Reforzar nuestra estructura y apoyo popular.

Logro de acuerdos con resto de fuerzas nacionalistas y progresistas:

Acuerdos democráticos en torno a la resolución del conflicto.

Lograr implicar a la comunidad internacional en la resolución del conflicto.

En ese contexto se produce la declaración de Bruselas el 29 marzo del 2010. Declaración promovida por el sudafricano Brian Currin, en la cual destacadas personalidades de la comunidad internacional hacen un llamamiento:

Dan la bienvenida a las conclusiones adoptadas por la Izquierda Abertzale en su proceso de debate, ya que consideran que es una decisión positiva para la resolución del conflicto.

Demandan a ETA un alto el fuego permanente e internacionalmente verificable

Piden al gobierno español que responda de manera positiva.

Esta declaración refuerza la posición de la izquierda abertzale. De esta declaración surge la semilla para la creación del Grupo Internacional de Contacto, un grupo de expertos cuyo mandato es: Promover la legalización de la izquierda abertzale. Facilitar un dialogo entre las partes y si requerido mediar en dicho dialogo.

Comisión internacional de verificación.

Junio 2010 acuerdo con EA y en Enero 2011 acuerdo con Alternativa.

Mayo 2011 Bildu, coalición en la que participa la izquierda abertzale obtiene unos resultados históricos en el sur del país.
17 Octubre 2011 Conferencia de Aiete Kofi Annan, Gro Harlem Bruntland, Bertie Ahern, Pierre Joxe, Gerry Adams and Jonathan Powell. Estos líderes internacionales consiguen sentar bajo un mismo techo a la delegación política mas representativa jamás congregada en un evento de este tipo. Por encima de nuestras diferencias la mayoría de los partidos políticos de las tres zonas existentes en el País Vasco (Comunidad Autónoma Vasca, Comunidad Foral de Navarra, País Vasco norte) se reúnen bajo el paraguas creado por la comunidad internacional.

Declaración, hoja de ruta 5 puntos:

Demanda a ETA el cese definitivo de sus acciones armadas y que pida dialogo a los gobiernos español y francés para acordar las consecuencias del conflicto.

Pide a los gobiernos español y francés que den la bienvenida a dicha declaración de ETA y acuerden dialogar con ETA sobre las consecuencias del conflicto.

Reconciliación, reconocimiento de todas las victimas.

Dialogo para resolver las consecuencias del conflicto.

Creación de un comité de seguimiento.

20 Octubre ETA declara el cese definitivo de sus acciones armadas

20 Noviembre Amaiur una coalición que incluye a la Izquierda Abertzale, Aralar, EA y Alternatiba obtiene unos resultados fenomenales

La comunidad internacional ha jugado un papel muy importante en el proceso. Ha sido facilitador y mediador, en épocas de crisis ha puesto en marcha mecanismos para intentar superar los bloqueos.

¿Ahora que?
Todavía queda mucho por hacer. Si bien es verdad que hemos realizado pasos importantes y que la situación de manera general ha mejorado drásticamente en los últimos dos años gracias a las iniciativas puestas en marcha por la izquierda abertzale, también es verdad que el conflicto persiste y que todavía no hemos conseguido resolverlo.

Para ello resulta de vital importancia que:
Los gobiernos español y francés adopten medidas humanitarias poniendo en libertad a aquellos presos con enfermedades graves e incurables y a aquellos que han cumplido sus condenas. Que acaben con la política de dispersión y acerquen a los presos vascos a cárceles del País Vasco.

Legalización
Que el proceso que hasta ahora se ha desarrollado de manera unilateral, construya espacios multilaterales de dialogo y negociación. Entre las partes para acordar un nuevo marco democrático para Euskal Herria que consiga erradicar las raíces del conflicto. Otro entre ETA y los gobiernos, para acordar todo lo relativo a las consecuencias del conflicto

Todavía no hemos logrado nuestros objetivos. Es verdad que el conflicto político persiste, que los presos vascos continúan en prisión, aun no se ha arreglado nada. Pero en dos años y gracias a nuestro cambio de estrategia e iniciativas políticas hemos conseguido crear un escenario que favorece la creación de espacios multilaterales para la resolución y hemos conseguido aglutinar importantes sectores de la sociedad vasca a favor de la resolución del conflicto.

«Mientras nosotros hemos sido capaces de desgastar sus marcos, ellos han sido capaces de bloquear la dinámica que permite construir uno nuevo». Sin embargo, lo relevante estratégicamente, a juicio del dirigente independentista, residía en que «las condiciones para el cambio político y social» estaban dadas en Euskal Herria.

Message d’ouverture Pierre Zwahlen, Parti socialiste vaudois

Député président de la commission de solidarité internationale
 
 
Lausanne, 23 mars 2012

Mesdames, Messieurs,
Cher-e-s ressortissantes et ressortissants colombiens, à vous tous ami-e-s de la Colombie,

Permettez-moi d’abord de féliciter les organisatrices et organisateurs pour l’initiative de cette encontre pour la paix et une solution politique en Colombie, au nom des socialistes vaudois.

Cette rencontre, vous la convoquez à un moment important de l’histoire de votre pays. Les derniers mois ont connu des appels au dialogue, à la recherche de la paix comme rarement auparavant. Tant du gouvernement que des principaux milieux insurgés. L’un des plus vieux conflits du monde trouvera-t-il une issue enfin, après bientôt 60 ans de combats, de massacres, de cruautés immondes ?

Beaucoup d’entre vous, représentant-e-s de la diaspora colombienne, désirez contribuer aux solutions de demain, approfondir les voies possibles de tractations très difficiles, inspirer l’espoir, nourri peut-être de votre expérience personnelle des Etats où vous résidez. Vous savez mieux que personne combien l’immense majorité, vos proches restés au pays, veulent en finir avec la guerre.

Mais comment faire, quand tant de haine s’est accumulée durant des décennies de tous côtés ? Comment s’y prendre, quand les familles portent presque chacune les deuils, les blessures physiques - et plus encore mentales - des violences exacerbées ? Par quoi commencer, quand les méfiances mutuelles sont si fortes, imprégnées des mensonges et des trahisons passées ?

Vous osez le mot dialogue - bravo - quand chaque partie au conflit n’a jamais vraiment écouté l’autre, pour préserver ses intérêts stratégiques, idéologiques ou criminels. Oui, il faudra rappeler souvent que le vrai début de solution, c’est l’écoute de l’adversaire, la reconnaissance de ses douleurs immenses, la considération des victimes, la compréhension des revendications de l’ennemi. Négocier la paix, toutes les parties y perdront quelque chose : des territoires où l’on régnait en maîtres, des positions hiérarchiques, des ressources commerciales, etc. Le gouvernement comme les insurgés devront céder des conquêtes, des dominations. Ils devront abandonner des prérogatives, pour viser la paix et la justice sociale auxquelles aspirent les gens.

J’étais en Colombie il y a deux ans, dans le Cauca et le Bolivar. J’ai entendu de nombreuses personnes, qui entendaient à raison défendre leurs droits, face à tant d’exactions. Trop court, mon séjour ne m’autorise pas à juger. Tout au plus à dire la beauté du pays, la détermination et le courage de ses habitants, la magnifique diversité des populations : indiennes des Andes, afro-colombiennes, blanches ou métissées.

La paix ne saurait être laissée aux seuls négociateurs. Elle est déjà portée par d’importants secteurs de la société civile : des organisations autochtones, paysannes, syndicales, des ONG de coopération ou d’Eglises, des groupes de femmes, pour les droits humains, etc. Leur réseau, leur mobilisation influenceront largement un futur accord et la solidité de la paix conclue.

La paix ne se complote pas. Ceux qui négocient doivent se savoir sous surveillance de la société civile. Il s’agit de répondre au besoin de tranquillité et de justice du peuple colombien.

Très modestement, permettez d’évoquer quelques pistes, avec la candeur que peut avoir le citoyen que je suis, de ce côté de l’Atlantique. Vous aurez le temps d’en débattre, de compléter, de nuancer.

Tous les camps comptent des narcotrafiquants. A la différence des leaders qui ont dit chercher le dialogue, les narcotrafiquants ou les bandes criminelles émergentes (bacrim) doivent être poursuivis encore et encore. Il faut terrasser ces mafias, de quel bord qu’elles soient à l’origine.

Les solutions politiques passent par la reddition de toutes les armes, sous contrôle mixte (insurgés, autorités, société civile). Ex-soldats et anciens guerriers bénéficieront de programmes de formations, de réintégration sociale et professionnelle, tenant compte des erreurs commises antérieurement. Le retour des personnes déplacées par les conflits doit être favorisé, en soutenant la reconstruction des infrastructures communautaires. Les autochtones, les ethnies diverses disposeront de la reconnaissance et de l’égalité des droits. Une réforme agraire redistribuera aux paysans petits et moyens les terres de subsistance nécessaires. Le patriotisme colombien s’épanouira par les droits humains et la justice sociale.

C’est sans doute une vision qui doit nous porter. Mais prenons aussi garde aux surenchères. N’accumulons pas les conditions initiales, avant de commencer à parler avec l’adversaire. Ne rendons pas la négociation impossible, avant de l’avoir ouverte. Ecoute, patience au préalable, nous l’avons dit. Pire encore : être capable de se mettre à la place de l’ennemi, de saisir sa perception des réalités, pour pouvoir concéder ensuite.

Avant de terminer, un mot de la Suisse. Il y a des liens forts entre nos deux pays. Entreprises, ONG helvétiques, Comité international de la Croix-rouge s’activent en Colombie. Des exilés ou expatriés colombiens ont pris des responsabilités dans l’économie ou la recherche suisse. Nous sommes heureux du dénouement intervenu en faveur de Jean-Pierre Gontard. Le pouvoir judiciaire l’a non seulement blanchi en Colombie, il a aussi reconnu avec estime son travail d’intermédiaire impartial entre acteurs au conflit. Oui, la Suisse reste à disposition des parties pour faciliter les médiations souhaitées. Elle en a l’expérience, les personnes utiles, pour autant que les parties en sentent le besoin.

Gens et ami-e-s de la Colombie, nous faisons des vœux pour le succès de vos travaux durant ces trois jours. Qu’ils aident à rapprocher des points de vue extrêmes et opposés, qu’ils facilitent le respect nouveau des uns et des autres, qu’ils sachent activer les voies de la paix - pour la Colombie toute entière que nous aimons.