Ramiro Orejuela AguilarAvocat colombien du Collectif Socio juridique Orlando Fals Borda, qui travaille pour la défense des Droit Humains et les prisonnier politiques InterviewQUELLE EST LA SITUATION ACTUELLE DE PRISONNIERS POLITIQUES EN COLOMBIE ? En premier, nous voulons faire savoir à l’opinion publique mondial qu’en Colombie existent réellement de milliers de prisonniers politiques et de guerre. Des milliers de paysans, des membres de la société civile, des défenseurs des droits humains et des travailleurs se trouvent prisonniers du régime Colombien pour le délit de penser.Cependant, la constitution garanti le droit à penser, article de loi que le gouvernement ne respecte pas. Cette persécution à ceux qui pensent est déguisée. On les accuse, la plus part du temps de terroristes ou de guérilleros. RACONTEZ-NOUS QUELLE EST LA PROBLEMATIQUE DES PRISONIERS D’OPINION. SONT-ILS VRAIMENT TRAITÉS COMME DES DELINQUENTS COMMUNS, MILITAIRES OU PARAMILITAIRES ? Une tactique qui s’utilise aujourd’hui est celle d’accuser de rébellion ou d’appartenance à des groupes armés qui sont en opposition au gouvernement a des membres de la société civile. La grande majorité ne font pas partie de ces groupes mais ne sont pas d’accord avec les agissements du gouvernement et ils revendiquent des droit enfreints. Ils se retrouvent en prison nez à nez avec des bandes paramilitaires, ce qui génère des homicides voir des terribles massacres à l’intérieur des prisons, et un terrible chaos. Le gouvernement s’applique à ignorer le caractère politique de ces prisonniers et il veut les transformer, face à l’opinion publique, en terroristes. Ils reçoivent du gouvernement le traitement destiné aux délinquants communs. La lutte populaire est présentée comme illégitime. Le fait que la grande majorité des prisonniers fait tout simplement partie de l’opposition est caché. Beaucoup ont participé à des grèves ou bien occupé une rue en signal de protestation ce qui leur a valu d’être emprisonnés et accusés de terrorisme. En plus de la mise en prison d’innombrables membres de l’opposition politique, des bandes paramilitaires en rapport avec l’armée et d’autres services de sécurité colombiens assassinent, torturent et font disparaître de milliers de colombiens, non seulement physiquement. Des milliers de colombiens on du s’exiler. QUELLE EST VOTRE OPINION SUR LES CITOYENS COLOMBIENS AUX USA ET A D’AUTRES PAYS ? Le gouvernement colombien, de concert avec les Etas Unis a interprété le traité d’extradition faisant que des nombreux leaders populaires colombiens se voient condamnes à de très longues peines dans les prisons des USA. Ils sont jugés par des juges des Etas Unis, avec des procureurs et avec des preuves présentées par ce pays. Des nombreux paysans - qui ne sont jamais allés aux Etas Unis - ont été extradés, attachés et enfermés dans des cages, pour aller purger des peines dans les prisons des USA. EST-IL VRAI QUE LES PRISONNIERS D’OPINION N’ONT JAMAIS VU LE SOLEIL DANS LES PRISONS DES ETAS UNIS ? Prenons le cas de Simon Trinidad, ancien combattent des FARC, le groupe insurgent opposé au gouvernement colombien : Il a été envoyé par les autorités colombiennes le 31 décembre 2004 et n’a pas vu le soleil jusqu’aujourd’hui. POUVEZ VOUS EXPLIQUER A L’OPINION PUBLIQUE, ICI EN SUISSE, QUEL SONT LES DIFFERENCE DANS LE TRAITEMENT DONNE PAR LES ETAS UNIS AUX PRISONNIERS D’OPINION, LES CHEFS DU NARCOTRAFIQUE ET LES PARAMILITAIRES EXTRADITÉS AUX USA ? Nous, en tant que collectif d’avocats, nous opposons à l’extradition de n’importe quel colombien. Les narcotrafiquants ont recours à une espèce de pacte en échange d’énormes sommes d’argent, provenant du trafique de drogues qui reste dans les banques des Etas-Unis. Les narcotrafiquants payent des millier de dollars et ils obtiennent de peines minimales du genre 3 ans, 2 ans, 6 mois ou encore la liberté conditionnelle. Ils sortent de prison pour jouir de leur immense richesse, obtenue de manière criminelle, et lavés de toute faute ! Par contre, dans le cas des insurgents, il n’y a pas de négociation, et ils sont condamnés à de très longues peines, 60 ans dans le cas de Simón Trinidad. AUJOURD’HUI A LIEU UNE GREVE NATIONALE DES PRISONNIERS D’OPINION, UNE GRÈVE DE FAIM. QUE PEUT-ON FAIRE DEPUIS LA SPHÈRE INTERNATIONALE ? Plus de 600 prisonniers sont entrés en grève depuis le 21 mars 2012 à cause des conditions infrahumaines, de sur-agglutination, d’insalubrité, d’abandon et de violation du droit à la défense. Ils demandent au gouvernement des conditions de vie convenables, tel qu’établi par la constitution car le pays compte avec les ressources nécessaires, détournés par des fonctionnaires de l’état. L’appel à la communauté internationale est celui de la solidarité avec ces colombiens privés de liberté pour des raison politiques : en envoyant des communiqués au gouvernement colombien qui exigent la liberté des prisonniers d’opinion et des meilleurs conditions de vie.  La vérification des plaintes et des conditions de vie dans les prisons colombiennes, par une Commission International d’Observation des Droit Humains aux les prisons colombiennes a été adressée aux ministre de la Justice et du Droit- Il a répondu qu’Colombie « n’existent pas des prisonniers politique ni de guerre » Il a demandé a prouver la « nature juridique de cette Commission » et à délimiter l’étendue de cette visite. Une fois ces conditions remplies, la visite humanitaire a été approuvée puis aussitôt annulée, sous prétexte que l’intention de la visite n’était pas celle invoquée et que l’admission de la Commission était du ressort du Président de la République, vues les déclarations et l’engagement des FARC à faire une libération unilatérale de 10 militaires retenus et la proposition aux autorités suprêmes de l’aperture d’un dialogue et de la négociation politique du conflit. Cette catégorie de personnes privées de liberté doit être considérée à part entière comme une des composantes importantes, dans la recherche de la paix et de la solution au conflit. BORIS DUARTE UN PORTE-PAROLE DE LA MANEInterviewLa MANE c'est le fruit de l'unité du mouvement étudiant colombien. Grâce à la protestation et à la proposition il s'est constitué comme le référent le plus important pour ce secteur de la population.Le programme minimal de la MANE contemple : financement, démocratie et autonomie, bien-être, qualité académique, libertés démocratiques, rapport université-société. QU'EST-CE QUE LA MANE ? C’est la Table Ample Nationale Étudiante, scène de confluence de tous les étudiants colombiens, des organisations, des collectifs culturels et en général de tout étudiant décidé à s’organiser avec ses pairs pour la transformation de l'éducation en Colombie. La MANE est composée par 25 porte-parole. La MANE naît en 2005 et commence à se consolider en 2010, année dans laquelle elle sort à la lumière publique, convoque aux mobilisations étudiantes et à la Grève National. COMMENT NAIT LA MANE ? C'est le résultat d'un processus d'apprentissage et de création d’un savoir-faire politique dans le mouvement étudiant. Elle naît il y a environ 5 ans lorsque nous avons risqué quelques premières idées face à nécessité d'explorer des nouvelles formes organisatrices au niveau local et national qui permettraient de résoudre fondamentalement deux questions. D'abord, résoudre l'antagonisme et la rivalité entre organisations estudiantines et une seconde, construire un vaste espace, au-delà des groupes politiques organisés. QUELLE A ÉTÉ LA RÉPERCUSSION AU NIVEAU NATIONAL EN COLOMBIE DE LA MOBILISATION DE LA MANE ? La répercussion peut se mesurer de plusieurs manières: je crois que la principale est le fait d'avoir réussi à arrêter la réforme à la Loi 30 que le Président Juan Manuel Santos voulait, donc, la loi qui règle le système général de l’éducation supérieure. Cela a permit que les portes fussent ouvertes à la construction d'une politique publique alternative d'éducation et évidemment à l'articulation d'une loi qui règle l'éducation supérieure en Colombie. QU'EST-CE QUE LA LOI 30 ? C'est une loi qui est approuvée en 1992, après le processus d’ouverture économique du pays durant le gouvernement Gaviria où les bases du système financier s’imposent sur le schéma de gouvernement des universités. Ce sont les bases d’un processus de néo-libéralisation et privatisation de l'université. La réforme souhaitée par le président Santos était une réforme qui allait dans le sens de la loi 30 qui cherchait à approfondir le modèle en accélérant fondamentalement le processus de privatisation. QUELLE SONT LES PERSPECTIVES DE LA MANE AUJOURD'HUI EN COLOMBIE ? Face au défi historique qu’avons les étudiants en ce moment, nous souhaitons construire vers octobre 2012, ou bien avant, une proposition de politique publique alternative, de droit et d'éducation alternative. Et, évidemment, maintenir un contact et un travail unitaire avec le mouvement social colombien : avec les travailleurs, les indigènes et les paysans dans l'idée d'avancer dans les grandes transformations qui requiert le pays. Nous allons avoir quelques journées mensuelles de mobilisation; des forums dans toutes les universités à partir desquels nous allons recueillir les propositions pour une nouvelle loi d'éducation. En avril prochain il y aura une journée de mobilisation très importante à Cartagena dans le cadre du Sommet des Amériques, qui consistera, avec la prise de la ville de Cartagena, une rejet à la manière dont la Colombie et l'Amérique Latine sont inserées dans le monde international; un rejet évidemment au TLC et aux relations de dépendance et de subordination que, depuis les États-Unis, sont imposées à la Colombie et à l'Amérique Latine. COMMENT EST L'ACCÈS DES ÉTUDIANTS À L'ÉDUCACION UNIVERSITAIRE ? En termes de financement, le système de l’Etat finance uniquement un 30 % des frais des universités publiques. Il y a un manque de financement de 750 milliards (CHF 381.290.000.-), donc, la moitié des recours de fonctionnement des universités publiques sont obtenus à travers la vente de services aux multinationales, notamment du secteur privé, ce qui d'un coté, va évidemment, au détriment de la qualité académique, et de l'autre, limite l'autonomie académique universitaire. De chaque 10 étudiants sept n'ont pas le droit à l'éducation supérieur garantie en Colombie. QUEL EST LE POURCENTAGE DE DESERCCION DE LA CLASSE ESTUDIANTINE UNIVERSITAIRE EN COLOMBIE ? À peu près il est de 50 %. En étant la cause principale d'abandon des facteurs socio économiques. Il n'y a simplement pas d'argent dans les familles pour payer l'inscription et se maintenir l'etudiant dans le système éducatif. COMBIEN COÛTE UNE INSCRIPTION UNIVERSITAIRE EN COLOMBIE ? Par exemple pour le pré-grade peut coûter entre 4 et les 7 millions de pesos par semestre (env. CHF 3.000.-) QUELLE EST L'IDÉE DU PAYS QUE LE GOUVERNEMENT A ? Tandis qu'annuellement 18 millions de pesos sont investis pour financer un soldat et l'envoyer à la guerre, aujourd'hui seulment 3,5 millions sont investis dans la formation d'un étudiant. QUELLE EST LA DEMANDE À LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE ? Il est important que la Communauté internationale soit au courant de ce qui se passe en Colombie, et qu'il-y-aie accompagnement, dans l'idée de servir de garant, pas tant dans les processus de négociation, mais dans le développement des mobilisations. Evidemment cet accompagnement est le bienvenu dans la construction du mouvement, les espaces étant ouverts. Souvent le gouvernement a essayé de diviser l'espace estudiantin en faissant appel à la négociation parallèle ou à huis clos. Ici il s'agit de construire en face à face, vis-à -vis des gens et de la société. Celui-ci est le pari du mouvement étudiant colombien. UN MESSAGE AUX ÉTUDIANTS EUROPÉENS ? Oui, aux étudiants et à la jeunesse européenne nous voulons leur dire que nous sommes tous partie d'un organisme vivant que, quelque part, ce qu'il se passe en Amérique Latine aura tôt ou tard des conséquences sur ce qui se passe en Europe et vice versa. Par conséquent, il est important de renforcer l'unité et les liens de fraternité entre les différents peuples avec ses divers mouvements et organisations. Nous savons ce qui se passe sur le plan de la réforme éducative avec le nommé Plan Bologne, qui présente à la base les mêmes problèmes, peut-être avec des effets pas si dévastateurs à l'origine, ici en Europe et ceci parce qu'il y a quelques conditions différents en termes d’état-providence mais, qu’en fin de compte, peuvent nous porter au même point : éducation réduite, avec une qualité à deux vitesses : une pour former une petite élite qui conduit le destin des nations du monde et une autre, médiocre, pour nous insérer d'une manière acritique dans le monde du travail et évidemment dans le système capitaliste. MABEL ANDRADE - REPRENTANTE DE L'ESPACE RÉGIONAL DE PAIX LOCALISÉ DANS LE SUROCCIDENTE COLOMBIEN DANS LE DÉPARTEMENT DU CAUCAInterviewMABEL ANDRADE - REPRENTANTE DE L'ESPACE RÉGIONAL DE PAIX LOCALISÉ DANS LE SUROCCIDENTE COLOMBIEN DANS LE DÉPARTEMENT DU CAUCA QU'EST-CE QUE C'EST L'ESPACE RÉGIONAL DE PAIX ? CES ACTIONS COLLECTIVES, DE QUEL TYPE SONT-ELLES ? Elles sont autour de 3 lignes ou 3 bases : La première a à voir avec créer une atmosphère propice la paix, parce qu'une grande partie de la société dans le département du Cauca et dans le pays considère que la paix n'est pas possible : ils sont très pessimistes en ce qui concerne l'obtention de la paix tant à un niveau régional comme national. Une autre partie de la société considère que la paix est uniquement l’affaire de ceux qui s’affrontent avec les armes. Alors depuis l'Espace Régional nous considérons qu'il est nécessaire de créer l'atmosphère propice à la Paix c'est-à -dire, être sensible à la nécessité de tous et de toutes de créer et de travailler sur une proposition de paix pour le département du Cauca et pour le pays. Ce ne pas seulement le compromis de ceux qui ont opté pour les armes mais celui de la société en général, et aux autour de cette prémisse, l'Espace Régional propose depuis un certain temps, une série d'actions qu'ont à voir avec des rencontres avec des hommes politiques, avec l'église et avec les différents secteurs sociaux de la population qui puissent permettre la génération d’Espaces de Dialogue. La deuxième ligneest est la question des dialogues humanitaires. Parce que nous considérons que si bien la paix est nécessaire, le processus est de longue haleine. Aujourd'hui il y a l’urgence de protéger la vie et nous considérons que les dialogues humanitaires sont un outil, un mécanisme historique que nous nous approprions maintenant. Les dialogues humanitaires sont légitimes dans les communautés qui sont en présence d'acteurs armés. Alors nous proposons des actions de dialogue humanitaire dans le différentes zones où s’est intensifié le conflit et des dialogues avec tous les secteurs. EST-CE QUE LES PARTIES EN CONFLIT; LE GOUVERNEMENT ET L'INSURGENCE VOUS RECONNAISSENT-ILS COMME DES INTERLOCUTEURS ? L'INSURRECTION RESPECTE-T-ELLE LES FORMES ORGANISATIONNELLES ET D'UNE AUTORITÉ ? QUELLE EST LA SITUATION DE LA FEMME DANS LA PARTIE DU CONFLIT ? UN MESSAGE AUX FEMMES DE LA DIASPORA COLOMBIENNE ? En suite, les femmes devons générer des propositions collectives, nous rejoindre, agir, être protagonistes sociales et politiques; apporter à la construction et à la transformation d'un conflit comme celui que nous vivons. Communiqué de presse - Colombie : le temps de la paix est-il enfin venu ?Galvanisée par les derniers frémissements politiques dans le pays, la société colombienne se réveille. Convaincus qu’ils ont un rôle à jouer malgré la distance, les exilés colombiens vont prendre une part active à la construction de leur pays. Réfugiés, immigrés, des Colombiens de tous bords, venus d’Europe et d’ailleurs, organisent à Lausanne une Rencontre internationale pour la paix qui aura lieu à l’Ecole Entre-Bois (Chemin d'Entre-Bois 13bis) à Lausanne du 23 au 25 mars 2012. Le temps est venu de dépasser les clivages qui minent la société colombienne, aussi bien sur place qu’à l’extérieur. La rencontre internationale rassemblera donc des milieux très divers : l’ancienne Après des années de blocages successifs dans le processus de paix, l’abandon des enlèvements par les FARC, le non-lieu dans l’enquête à l’encontre de l’émissaire Suisse Jean-Pierre Gontard, ou a reconnaissance du conflit par la président Santos sont autant de signes positifs. La rencontre internationale entend profiter de cette dynamique positive et faire des propositions en vue de trouver ne solution politique au conflit colombien. Et pourquoi ne pas redonner corps à une implication de la communauté internationale dans un processus de négociation. L’événement se déroulera sur trois jours à Lausanne, du 23 au 25 mars 2012. Des ateliers réuniront les participants autour de thématiques comme l’importance du territoire, le conflit social, Informations et contact : |


